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Bouche de Métro
 

INAUGURATION

L'OUVERTURE DU METROPOLITAIN


Tout l’intérieur des stations est revêtu de carreaux blancs émaillés de diverses natures (brique vernissée, opaline, porcelaine), qui constituent un décor à la fois gai, propre et hygiénique.
La lumière électrique y est d'ailleurs répandue à profusion. Cet éclairage ne s'arrête pas aux gares; il est continué tout le long du tunnel, et s'ajoutant à celui des voitures, Il donne une impression réconfortante et chaude, de nature à enlever toute appréhension aux personnes qui craignent les voyages souterrains. Dans les stations, les quais sont éclairés chacun par une file de lampe à incandescence, placées de 4 mètres en 4 mètres, quelquefois même plus rapprochées et complétées, dans les gares principales, par de puissante. lampes à arc.
Dans le tunnel, elles sont disposées en quinconces et se succèdent à une douzaine de mètres d'intervalle. Cette question de l’éclairage nous amène tout naturellement à parler de l’électricité nécessaire, non seulement à la lumière, mais encore et surtout à la traction.
Le courant est actuellement fourni par le secteur de la Compagnie de l’air comprimé, en attendant l’achèvement de l’usine génératrice spéciale du quai de la Râpée. Dans cette usine, cinq groupes électrogènes, construits par le Creusot, enverront un courant triphasé de 5000 volts qui sera transformé en courant continu au voltage de 500, pour être distribué à cet état, aux voitures automotrices, par l’intermédiaire d’un rail isolé, dit de prise de courant, qui règne le long des voies sut toute la longueur de la ligne. Cette transformation s’effectuera dans la sous-station électrique de la place de l’Etoile, actuellement aussi en voie d'achèvement.
Un détail curieux en passant : les pierres qui ont servi à construire cette sous-station de la place de l’Etoile proviennent, en grande partie, de la démolition du Palais de l’Industrie, et de celle du Théâtre-Français.
Les trains du Métropolitain, dont nous représentons un spécimen stationnant dans la gare du Palais-Royal, sont formés de trois véhicules : en tête une voilure automotrice, et à la suite deux voitures dites d’attelage.
Ce sont de grandes voitures à intercirculation dans lesquelles on accède par deux portes à coulisse placées à chaque extrémité. L'une de ces portes est réserve à l’entrée, l’autre à la sortie des voyageurs, pour éviter les bousculades. Elles peuvent contenir trente voyageurs assis et une dizaine de voyageurs debout. Les voitures automobiles ne diffèrent des autres que par l’adjonction d'une loge spéciale à l’avant renfermant la commande du moteur électrique et du frein, et où prend place le conducteur. Elles sont de deux classes; nos dessins font voir l’intérieur d’une voiture de seconde et d'une voiture mixte, du côté du compartiment de première classe.
Dans les compartiments de 1re classe, les banquettes sont rembourrées et recouvertes en cuir rouge brun; dans les autres, elles sont formées de baguettes en bois verni très propres et suffisamment confortables. Des filets pour les menus bagages, installés au-dessus des dossiers, sont soutenus par des tiges métalliques qui servent aussi d'appui pour les voyageurs restés debout dans le couloir central, au moment des grandes affluences. Ajoutons que ces voitures ont un aspect élégant et qu’elles sont brillamment éclairées au moyen de dix lampes électriques. La compagnie possède un premier parc de matériel comprenant cent soixante et une voitures de tout genre qui lui permettent de mettre dès maintenant en circulation des trains se succédant à cinq minutes d'intervalle et même à deux minutes aux heures les plus chargées.

Journal L'ILLUSTRATION du 14 juillet 1900

 
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