Fort de l'immense succés qui fut réservé à la première ligne "Maillot - Vincennes" (17 660 000 voyageurs transportés fin 1900), les ingénieurs de la ville entreprirent immédiatement la construction du reste du réseau prévu par la loi de Mars 1898. En voici les principales étapes ainsi que les principaux faits marquants ces constructions. En 1914 les lignes 1,2,4 étaient totalement achevées. Les lignes 5 et 6 étaient respectivement exploitées de "Étoile" par "Place d'Italie" à "Gare du nord" et de "Place d'Italie" à "Nation". La ligne n°3 était exploitée de "Porte Champerret" à "Place gambetta", la ligne n °7 de "Opéra" à "Pré saint-gervais" et "Porte de la villette" (ligne en fourche avec coté Pré saint-gervais une partie en boucle), la ligne n° 8 de "Porte d'auteuil" à "Opéra" (ligne en boucle à partir de la station "Mirabeau"). À cela s'ajoute, les deux lignes du Nord-Sud, société concurente du Métropolitain qui exploitait une ligne "A" de "Porte de versailles" à "Jules joffrin" et, une ligne "B" de "Gare saint-lazare" à "Porte de clichy" et "Porte de Saint-Ouen" (ligne en fourche). Tous les chantiers qui furent ouverts pour la construction de toutes ces nouvelles lignes firent de Paris un gigantesque chantier. Entre-autre, il fut nécessaire de creuser un énorme trou place de l'opéra pour permettre la construction des trois lignes (3-7-8) qui se croisent l'une au dessous de l'autre à cet endroit. À la place Saint-Michel, on dut congeler le sous-sol gorgé d'eau par injection de saumure de chlorure de calcium à -20° pour permettre la construction de cette station du quartier latin. Cependant la grande crue de la Seine de janvier 1910 retarda les chantiers de la ligne "A" du Nord-Sud et de la ligne n° 5. Enfin, entre les stations "Jaurès" et "Pré Saint - Gervais" les ingénieurs durent faire reposer le tunnel sur des pilliers de 1M50 de diamètre et espacés de 6 Mètres les uns des autres; véritable viaduc souterrain qui permet à cette ligne de traverser les carrières des Buttes-Chaumont. À noter aussi les lignes aériennes ainsi que les imposants viaducs sur la Seine de Passy et d'Austerlitz et surtout les nombreuses traversées sous le fleuve (6) qui à cette époque, faisait frissonner d'inquiétude et d'admiration les Parisiens. Mais aucun de tous ces obstacles n'a fait baisser les bras des ingénieurs et des ouvriers, car la ville voulait à tout prix se doter d'un grand réseau. Malgré la catastrophe de la station "Couronnes" le métro se développa si rapidement que, fin 1914 il totalisait 95 km ! La métromanie avait envahit la capitale! Mais la guerre retarda pour quelques années la réalisation des nouvelles lignes prévues.